En septembre 2025, des milliers de jeunes Népalais sont descendus dans les rues pour réclamer la fin de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants non armés, tuant 76 personnes. Le premier ministre de l’époque, K. P. Sharma Oli, a finalement démissionné sous la pression populaire.
Six mois plus tard, les Népalais ont fait entendre leurs voix dans les urnes. Le 5 mars 2026, ils ont accordé une victoire écrasante au Rastriya Swatantra Party (RSP), un jeune parti anti-establishment fondé il y a seulement trois ans. Les vieux partis, qui se partageaient le pouvoir depuis des décennies, ont été balayés. Oli lui-même a été battu dans sa propre région.
L’homme qui dirige maintenant le Népal est Balendra Shah, 35 ans, simplement connu sous le nom de Balen. Assermenté le 27 mars, il figure parmi les plus jeunes dirigeants à accéder à cette fonction et incarne une rupture nette avec le leadership traditionnel. Son gouvernement reflète ce changement : des profils professionnels et réformateurs remplacent les politiciens de carrière. Un économiste du développement formé à Harvard prend en charge les Finances, une infirmière diplà´mée du cycle supérieur dirige la Santé, et un conseiller en réforme de l’éducation ayant contribué à la transformation des écoles de la municipalité de Katmandou est responsable de l’Éducation. Plus marquante encore est la nomination de Sudan Gurung au poste de ministre de l’Intérieur : un jeune activiste qui se trouvait lui-même dans la rue lors des manifestations de septembre dernier et qui supervise désormais l’enquête sur ces violences. Dans les 24 heures suivant son entrée en fonction, le nouveau gouvernement a ordonné l’arrestation d’Oli ainsi que de son ancien ministre de l’Intérieur.
Le Népal a déjà connu des moments d’espoir, pour les voir s’envoler. Reste à savoir si cette fois sera différente. Mais, pour une génération qui a tout risqué pour exiger le changement, cela ressemble à un vrai nouveau départ.

Bibek Bhandari et Dikshya Dhital
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Référence : Société canadienne du cancer
Lyse Ferland
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